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Européennes, abstention et FN

Cet article n’engage que son auteur, pas le PG, ni même le comité Georges Maréchal.

Ce dimanche, nous avons vécu ce que d’aucuns appellent un « séisme ». Une abstention énorme et un FN à 25%. Suite à ces résultats, chacun doit faire son autocritique. Nous n’avons convaincu que 6,60% d’électeurs de se déplacer et de voter pour le Front de gauche. C’est beaucoup trop peu.

J’estime, à titre personnel, que nous avons échoué à la fois sur la forme et sur le fond. Je réserverai ces critiques aux discussions internes, afin de ne pas donner stupidement d’arguments à nos adversaires. Néanmoins, je pense qu’il fallait commencer par le dire, et la suite de ma réflexion donnera des pistes sur cette autocritique.

Dans les médias, le PS et l’UMP se renvoient la patate chaude, comprendre: la responsabilité. Je pense que les deux camps ont raison. Le résultat de cette élection découle de nombreux paramètres que je ne minore pas. Simplement, je vais m’axer sur ce que je crois être les raisons principales.

Pourquoi l’abstention et le vote FN progressent, et tout particulièrement lors de cette élection?

Je ne crois pas que la France devienne un pays raciste, tout comme je ne crois pas que la majorité des électeurs du FN adhère à ses idées. Je crois, d’abord, qu’il s’agissait d’envoyer un message. Celui des municipales n’a pas été compris. François Hollande, élu par le peuple de gauche, continue à mener une politique de droite, libérale, en allant « plus vite » et plus loin dans l’austérité. Si le message n’est jamais compris, alors pourquoi continuer à voter, sinon pour passer un message plus fort encore? Le président nous promettait une inversion de la courbe du chômage pour fin 2013 au plus tard. Nous sommes pratiquement en juin 2014 et le chômage continue de croître. Si encore cette politique produisait quelques effets, le peuple de gauche pourrait tolérer tous ces sacrifices qu’on lui impose, encore et encore. François Hollande a perdu les villes, il a perdu des sièges au Parlement européen, il va perdre les régionales… Il a déjà perdu ses électeurs, ses élus, ses soutiens acharnés vont suivre, chacun leur tour. Les députés ne peuvent plus suivre, ils ont besoin de leurs électeurs, ils ont besoin de se désolidariser avec ce fiasco s’ils veulent conserver un semblant de crédibilité pour les prochains scrutins.

C’est une première explication, mais pas la principale.

Pour moi, la raison principale est que, très progressivement, les libéraux continuent à brader, pièce par pièce, la démocratie.

J’ai été choqué, il y a quelques mois par une scène pourtant anodine. J’ai probablement été le seul choqué. C’était lors d’une manifestation d’ouvriers qui devaient perdre leurs emplois. Il y en a tant depuis des années qu’on y prête presque plus attention. C’est devenu tellement banal. Presque normal. Parmi eux et aux premiers rangs, il y avait des élus, socialistes, pour l’essentiel. Il y avait surtout une députée maire socialiste.

Que faisait-elle là? Comment peut-on arpenter les rues d’une petite ville avec environ 200 ouvriers quand on tient la ville, le département, la région, le sénat, la majorité parlementaire, le gouvernement, la présidence de la République? Comment peut-on en arriver là… alors qu’on est censé détenir pratiquement les pleins pouvoirs dans le pays? La réponse est toute simple: le peuple et ses représentants ont été dépouillés de leurs pouvoirs réels.

Certains me rétorqueront que c’est la faute de l’Union Européenne. Et je répondrai que ce n’est qu’un cache sexe. Parce que l’Union Européenne, elle a été construite telle qu’elle est par les libéraux. Donc rejeter la faute sur l’UE, c’est rejeter la faute sur ceux-là même qui sont au pouvoir et leurs prédécesseurs. Ceux qui nous expliquent à longueur de JT qu’il n’y a qu’une politique possible, en omettant bien de dire qu’ils ont fait en sorte et continuent à faire en sorte que ce soit le cas.

Mais surtout quel pouvoir peut détenir le peuple souverain quand on lui enlève, très progressivement, le contrôle sur sa monnaie, sur ses banques, sur ses matières premières, sur l’eau, sur l’électricité, sur l’acier, sur les transports, les services publics?… Et tout ça au profit de multinationales qui n’ont aucune obligation de patriotisme.

Pourquoi voter si au final on se retrouve dans la rue aux côtés de nos élus, partageant la même impuissance que 200 ouvriers bientôt au chômage?

Nous avons proposé un autre modèle et une autre Europe. Nous n’avons pas convaincu. Le peuple de gauche ne croit pas que nous soyons capables de changer l’Europe et de lutter, dans l’état actuel des choses, contre la puissance de ces multinationales, et je le comprends même si j’ai un tout autre avis. Le peuple de gauche, et pas seulement lui, ne croit plus en ce semblant de démocratie.

Il va nous falloir l’entendre, et lui apporter les réponses, les espoirs et les actes qu’il attend, légitimement.

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Le PCF et le PG ont célébré l’anniversaire du 19 mars

19 mars st saulve

Ce mercredi 19 mars, à l’occasion de l’anniversaire de la fin de la Guerre d’Algérie, une délégation, composée de membres du Parti Communiste Français, du Parti de Gauche et du monde des anciens combattants, a effectué un dépôt de gerbes au monument aux morts de Saint-Saulve. Une minute de silence a été observée. Jean-Claude Quillet-Vilette, pour le PCF et Christophe Marescal pour le PG, se sont félicités de la promulgation de la loi, votée le 6 décembre 2012 par le Parlement, faisant du 19 mars une journée nationale du souvenir et de recueillement en mémoire des victimes des combats qui se sont déroulés en Afrique du Nord entre 1952 et 1962. Ils ont vivement regretté qu’aucune cérémonie officielle ne soit organisée par la municipalité, alors qu’une circulaire préfectorale a invité chaque commune à célébrer cette date anniversaire.

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Le 18 mars, dans la rue aussi pour l’École du peuple !

 Le Parti de Gauche soutient pleinement la grève interprofessionnelle du 18 mars 2014. Il lance un appel à une large mobilisation pour faire de cette journée un succès indiscutable.

Le monde de l’éducation doit y prendre toute sa place. L’École est en effet touchée par l’offensive globale. L’ensemble des personnels lient la lutte générale pour l’augmentation des salaires dans le public comme dans le privé et la relance de l’emploi avec la nécessaire mobilisation contre les projets Peillon visant à briser le statut national des professeurs.

Les projets ministériels cherchent à disloquer l’école publique et à réduire son coût dans la logique des politiques d’austérité confirmées par le pacte de responsabilité par deux moyens : l’augmentation de la charge de travail des enseignants et leur soumission au « projet d’établissement » lié au « contrat d’objectif » avec les collectivités territoriales, conduisant à la territorialisation de l’enseignement. Les décrets actuels, définissant les obligations de service en termes d’heures de cours, représentent au contraire un rempart pour limiter l’accumulation de tâches inutiles et contrer le zèle des potentats locaux. Tous ces projets ne peuvent que conduire à une dégradation de la transmission des savoirs. Il s’agit bien d’une entreprise planifiée pour vider l’enseignement public de sa substance et in fine déqualifier massivement la jeunesse du peuple.

La récente et vigoureuse résistance d’une partie des enseignants, dont ceux de classes préparatoires, face à l’attaque générale contre le statut des enseignants et la baisse salariale immédiate, montre qu’il est possible de créer un rapport de force obligeant le gouvernement à reculer. Après avoir dû temporiser, Peillon a repris l’initiative en dévoilant la nouvelle version des « fiches métiers » qui servira de base à son projet de décret qu’il doit présenter le 27 mars.

Le Parti de Gauche appelle à une prise de conscience du secteur de l’Éducation à l’occasion de la grève interprofessionnelle du mardi 18 mars 2014. La résistance doit être à l’ordre du jour pour manifester son opposition sans équivoque à la politique gouvernementale.

Pour la Commission nationale Education du PG,

Francis DASPE et Yann SALMON

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